Je sens nos jours heureux s'accrocher au présent

« La tempête » épisode 5. Ceci a lieu dans un univers parallèle sur une planète égarée. Tout ce qui est narré ci-bas n’est que chimère et artifice, rêve, conte et forfanterie.

Royan le 05 Aout 1711,

Ma très chère Amie

Pérégrinant dans votre beau pays de France depuis quelques temps, je me demandais s’il ne serait pas judicieux de nous retrouver au détour d’une alcôve ou d’un jardin à la Française afin de disserter sur les façons que nous avons de nous divertir ensemble par des loisirs aussi réjouissant que l’écriture, les pensées et avis concernant le monde qui nous entoure, la culture sous toutes ses formes, la dégustation de mets délicieux ou de badinages badins. Je précède votre objection sur le fait que le mystère concernant nos correspondances en serait éventé. Je n’en suis pas si sûr, la magie imaginaire, ne reste-elle pas de la magie si elle devient réelle ? Au contraire je pense qu’elle se sera acidulée et magnifiée par le plaisir de nous voir de temps en temps et de partager nos idées, nos joies et nos envies. J’attends avec impatience une réponse à cette missive.

Je ne quitterais Royan que le cœur empli de vos mots, divine Jeanne.

Votre dévoué Lorenzo

***

Île des Paluds, le 5 Aout 1711,

Cher Lorenzo,

Etonnant compagnon de pensée de ces jours troublés, ne voyez pas en moi quelque Cassandre de légende, je rapporte de mes voyages d’étranges visions et je sens nos jours heureux s’accrocher au présent sans plus avoir le courage de jeter un oeil vers devant nous. Tout à l’heure je répondais à une de vos plaisanteries par ces mots graves et pesants : « Aujourd’hui nous choisissons la mort ou la vie. Le temps n’est plus celui d’hier, tout change et beaucoup de choses seront balayées. » Certes, il pourrait sembler dans ces propos que je m’abandonne à quelque vision pessimiste des jours à venir. Je vois au contraire dans la menace de cette inéluctable et terrible tempête qui s’abattra sur tout ce qui nous tient à coeur, une formidable chance de participer à la renaissance de notre monde. Pardonnez cette entrée en matière apparemment fort sombre et certainement trop directe dans ces échanges que vous auriez sans doute voulu plus légers, mais j’arrive de l’océan, l’âme encore trop lourde des charges pesant sur les épaules d’un capitaine. Permettez que je reprenne pied à terre posément. Maintenant que je me suis enfin retirée sur l’Île qui m’a vu naître, vais-je enfin pouvoir laisser auprès de mes bagages, les images qui hantent mes rêves.

Au plaisir de vous lire,

Jeanne

***

Royan le 5 Aout 1711,

Héroïque Jeanne,

Le choix de vos mots démontre une finesse et une acuité d’esprit assez rare dans ces contrées. Je comprends vos élans et vos manques d’élan, je comprends vos envolées et vos retombées sur terre, je comprends vos envies et vos réticences. Qu’y pouvons-nous, nous sommes les deux seuls rescapés de l’expédition temporelle qui nous as fait émerger dans cet univers parallèle de la France du 17ème siècle qui est à la fois si proche de la vraie et si lointaine également ? Notre connaissance et notre culture seront nos seules armes, que notre technologie rescapée de notre monde d’origine ne pourra que très peu pallier. A défaut d’être amants, soyons alliés, soyons amis et soyons surtout soyons attentifs à ce monde qui nous entoure qui nous semble si familier et si étrange dans le même temps.

Prenez soin de votre aventurière personne.

Lorenzo blanc, Lorenzo noir, Lorenzo gris

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