Plus je t’embrasse

Ta peau est douce comme celle d’un enfant
Elle a des parfums troublants
Ton baiser de mousse, plus chaud qu’un ciel
d’été,
Me remplit d’exquises voluptés !
Plus je t’embrasse
Plus j’aime t’embrasser !
Plus je t’enlace
Plus j’aime t’enlacer !
Le temps qui passe
Ne peut rien y changer :
Mon cœur bat
Quand tu t’en vas,
Mais tout va bien
Quand tu reviens, car…
Plus je t’embrasse
Plus j’aime t’embrasser !
Je ne peux m’en lasser
Et j’en ai tellement envie
Que j’oublie tout dans la vie
C’est insensé
C’que j’aime t’embrasser !
La nuit je rêve de baisers profonds
Profonds et surtout très longs
Le jour qui se lève découvre le frisson
De mes lèvres posées sur ton front
Plus je t’embrasse
Plus j’aime t’embrasser !
Plus je t’enlace
Plus j’aime t’enlacer !
Le temps qui passe
Ne peut rien y changer :
Mon cœur bat
Quand tu t’en vas,
Mais tout va bien
Quand tu reviens, car…
Plus je t’embrasse
Plus j’aime t’embrasser !
Je ne peux m’en lasser
Et j’en ai tellement envie
Que j’oublie tout dans la vie
C’est insensé
C’que j’aime t’embrasser !

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Barque échouée

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Barque échouée au bord des rivages bretons,
J’ai désappris l’essor de mes jeunes sillages
Et laissé, sur mes flancs, se nouer en festons
Vos scalps souillés d’écume, ô goémons des plages.
Il ne m’importe plus si d’autres les refont,
Mes croisières d’antan, mes belles odyssées ;
Promise au lent trépas des carènes blessées,
J’abandonne le large à celles qui s’en vont.
Ni l’aile des courlis que le matin soulève,
Ni l’émoi de la mer sous un vierge soleil
Ne peuvent, dans mon être à la tombe pareil,
Faire sourdre un regret ou tressaillir un rêve.
Je vois partir mes soeurs à la pointe du jour,
Je les vois revenir aux premières étoiles,
Sans envier le chant que gonflent dans leurs toiles
La fièvre du départ et l’orgueil du retour.

Anatole Le Braz

La conque

coquillage

Par quels froids Océans, depuis combien d’hivers,
– Qui le saura jamais, Conque frêle et nacrée ! –
La houle sous-marine et les raz de marée
T’ont-ils roulée au creux de leurs abîmes verts ?
Aujourd’hui, sous le ciel, loin des reflux amers,
Tu t’es fait un doux lit de l’arène dorée.
Mais ton espoir est vain. Longue et désespérée,
En toi gémit toujours la grande voix des mers.
Mon âme est devenue une prison sonore :
Et comme en tes replis pleure et soupire encore
La plainte du refrain de l’ancienne clameur ;
Ainsi du plus profond de ce coeur trop plein d’Elle,
Sourde, lente, insensible et pourtant éternelle,
Gronde en moi l’orageuse et lointaine rumeur.

José-Maria de Hérédia

Les chats

chat

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;
Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Charles Baudelaire

L’idée d’un chimérique renoncement aux livres

Image

dans le métro (photo sur flickr )

« L’idée d’un chimérique renoncement aux livres : naïveté de ce rêve qui vient à ceux qui veillent trop tard, trop longtemps, sur trop de livres. Non. L’issue, s’il y en a une, serait dans une généralisation de la maladie : mobilisant pour chaque seconde de chaque jour ce désespoir d’abord circonscrit à la seule chambre de lecture, d’abord actif dans le seul temps de lire. Contemplant tout, visage, aurore, pierre, comme autant de livres proposés. »
Christian Bobin

Le Manifeste du hacker (1986) #pdftribute Aaron Swartz – Framablog

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Un certain nombre de textes tournent actuellement sur le Net suite au décès d’Aaron Swartz. Parmi eux on trouve « La Conscience d’un hacker » (ou « Le Manifeste du hacker »)

Jeanne ArGall‘s insight:

Vous construisez des bombes atomiques, vous financez les guerres, vous assassinez et trichez, vous manipulez et vous nous mentez en essayant de nous faire croire que c’est pour notre propre bien… et pourtant c’est nous qui sommes les criminels.

Oui, je suis un criminel. Mon crime est celui de la curiosité.
[…]

Je suis un hacker, et ceci est mon manifeste.

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Oh ! cette double mer du temps et de l’espace

horizon

Oh ! cette double mer du temps et de l’espace
Où le navire humain toujours passe et repasse,
Je voulus la sonder, je voulus en toucher
Le sable, y regarder, y fouiller, y chercher,
Pour vous en rapporter quelque richesse étrange,
Et dire si son lit est de roche ou de fange.
Mon esprit plongea donc sous ce flot inconnu,
Au profond de l’abîme il nagea seul et nu,
Toujours de l’ineffable allant à l’invisible…
Soudain il s’en revint avec un cri terrible,
Ébloui, haletant, stupide, épouvanté,
Car il avait au fond trouvé l’éternité.

Victor Hugo, La pente de la rêverie (extrait)