Les mutins sont partout

Donc, j’écris peu et irrégulièrement, je vois que ma dernière note remonte au 24 septembre 2009 !

C’est la conjonction de 3 faits distincts qui me poussent à reprendre le clavier.

D’abord, je participai il y a quelque jours à un jeu lancé par Thierry Crouzet : Aidez-moi à devenir Cyborg. Puis le titre d’un article de Guy Birenbaum qui me fait réagir : Avec Internet, Mitterrand n’aurait pas tenu six mois… Enfin, je viens d’achever la lecture d’un livre, Glucksamschlipszig : Le roman du Gluck.

Le Gluck ou la chance des condamnés

Je commence par lui. L’histoire, pas celle du livre, mais celle de la lecture, commence un soir par un échange de tweets. Le roman du Gluck est le livre préféré de la personne à l’autre bout de twitter. Ce n’est pas rien, un livre préféré. Je range l’info au coin de ma mémoire, et plusieurs mois après, je me le procure.

Sa lecture ma laissée pantoise. Avec le sentiment naissant d’une certitude : la violence ne gagnera pas, la paix est inéluctable. Ce sera la non-violence qui seule gagnera l’ultime révolution. Ou nous nous entretuerons tous et les jours de l’humanité sont comptés. Ce que je vous dis là n’est pas du tout le résumé du livre, d’ailleurs vous n’avez qu’à le lire, mais l’arrière-goût sanglant qui m’est resté au fond de la gorge à la fin du bouquin. Je reprendrai bientôt (!) la lecture de « L’homme révolté » de Camus, suivie des écrits de Gandhi et Mandela, au minimum, histoire de voir si je peux désenchevêtrer ma pensée. Promis.

Internet et sa « tyrannie de la transparence »

Ensuite le titre de l’article de Birenbaum : La ligue des Justiciers “Avec Internet, Mitterrand n’aurait pas tenu six mois…”

Je parlais de lui justement de Mitterand-Tonton-Dieu et de son retournement posthume et sépulcral à la fin de ma précédente note. S’il lui en restait, les oreilles lui siffleraient et c’est tant mieux!

Il s’agit en fait du mot d’un responsable UMP reprit dans un article des Échos signé Cécile Cornudet, « Nicolas Sarkozy cherche la riposte à la litanie des affaires ».

À l’époque de Tonton-Dieu, il y avait l’opacité de la langue de bois, on flottait dans le brouillard. Nous naviguons maintenant sur les reflets de la mer des mirages, autrement dit de la politique de l’oxymore. On vous dit le contraire de la vérité. Les discours ne sont plus flous, ils sont renversants.

Le chef de l’Etat s’inquiète devant ses visiteurs du « populisme ambiant ». Ses proches n’hésitent pas à montrer du doigt Internet et la « tyrannie de la transparence » ( Cécile Cornudet)

Ainsi donc, alors même qu’un ministre raciste pris en flagrant délit par une video nous dit que celui qui n’a rien à cacher peut être surveillé video-protégé, la transparence serait une tyrannie ? Entendez-bien, la transparence est une tyrannie pour les petits tyrans. Lesquels d’ailleurs ne sont pas ceux définis comme tels mais bien évidemment ceux qui les définissent ainsi. Vous me suivez ? Bref il faut lire/entendre le contraire. Et ce, pratiquement à chaque fois qu’un membre du gouvernement, ou qu’une personnalité établie du côté du pouvoir s’exprime.

Je suis persuadé qu’avec internet jamais François Mitterrand n’aurait pu cacher sa double vie aussi longtemps.Ni évidemment sa maladie.

Qui elle non plus n’avait rien de privé : l’état de santé du Président est une information.

Je me revois encore, à Tolbiac, jeune étudiant en droit, totalement incrédule – j’avais 20 ans… – apprenant, dès la fin de l’année 1981 (dans mon lointain souvenir), par un pote de fac, que son père, médecin fort connu, soignait, avec d’autres, le Président de la République, atteint d’un cancer…

Évidemment je ne l’ai pas cru. Et j’avais tort. Ah si j’avais déjà blogué…

dit Guy Birenbaum. Et oui !

Évidemment, ça devient difficile pour le pouvoir en place de continuer à profiter des ses avantages et privilèges illégaux ou immoraux en toute impunité, dès lors qu’une bande de cyber-dissidents aux aguets dirige le projecteur sur le moindre dérapage. Il faut dire que les Vilains s’en donnent d’autant plus à coeur joie que leurs victimes sont les as du slamon géant !

Un très bel exemple de tyrannie de la transparence, le site de http://www.nosdeputes.fr/ qui met en lumière l’activité parlementaire des députés de l’Assemblée Nationale Française. Chacun peut ainsi juger du travail de son représentant au Parlement.

La liberté, c’est le lien

Quant au jeu lancé par Thierry Crouzet auquel j’ai participé, il me donne surtout l’occasion de vous conseiller fortement la lecture de « L’alternative nomade » ou, si comme Mikiane, vous ne savez plus tenir un livre jusqu’au bout, allez zapper sur son blog en commençant par « La liberté, c’est le lien »

Extrait :

Avec nos nouvelles technologies d’interconnexion, nous réduisons certaines frictions sociales, celles qui d’une manière ou d’une autre tenaient les gens éloignés les uns des autres et limitaient leurs interactions. Ce mouvement naissant complexifie notre monde. Les conséquences de nos paroles et de nos faits et gestes se font sentir de plus en plus loin, ils frappent de plus en plus d’autres individus. À tel point que les modélisations mathématiques se heurtent à de sérieux écueils mêmes avec les ordinateurs les plus puissants. Que l’avenir nous apparait plus imprévisible que jamais avec la survenue de plus en plus fréquente de black swan. Que contrôler la société, ou même simplement une communauté, devient une gageure. (Crouzet)

Le « black swan » ! je découvre l’expression. Nous devenons imprévisibles, ingérables, pour le système en place :

La complexification sociale est une forme de résistance non-violente. (Crouzet)

À tous les révolutionnaires qui attendent le matin du grand soir, j’ai une bonne nouvelle : la révolution ne se fera pas sur internet, la révolution est en marche, c’est internet ! Nous sommes tous des mutins, fils et filles auto-générés d’une mutinerie larvée non-violente et d’un mutant cyborg qui couve en chacun de nous.

Quand il sera édité, vous découvrirez ce cyborg né du jeu de Thierry Crouzet 🙂

« Il étend son cortex cérébral aux réseaux neuronaux temporairement mis à sa disposition par des stimulateurs. »

Prochaine note (peut-être) : Mais la guerre de contre-insurrection est commencée.

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Une société pirate

« A-t-on jamais vu quelqu’un, condamné pour diffamation via la presse écrite, contraint de ne plus acheter de journaux, à ne plus en lire, et à ne plus s’exprimer par voie de presse écrite pendant un an ? » (Reporters Sans Frontières)

Depuis ma dernière note du 26 août 2009 :

Hadopi à la barre

Le projet de « Loi n°2009-669 du 12 juin 2009 favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet » qu’on nomme « Hadopi » du nom de l’organisme de régulation qui sera créé à cet effet, la « Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet » est quasiment adopté. Les godillots vont par deux parait-il, alors les sénateurs ont suivi les députés. Nous attendons que le Conseil Constitutionnel déclare à nouveau cette loi anticonstitutionnelle.

C’est une gifle pour la République. Une atteinte aux droits et libertés fondamentales des citoyens.

La Quadrature du Net a constitué un lourd dossier sur le sujet.

« L’autorité instaurée par le texte, agira sur dénonciation d’acteurs privés travaillant pour les industries du divertissement (syndicats professionnels, enquêteurs privés). Elle sera chargée, en se basant sur ces preuves sans valeur, d’envoyer des courriers d’accusation menaçant les utilisateurs de sanctions. En cas de récidive, leur déconnexion d’Internet est ordonnée sans possibilité de se reconnecter pour une durée allant jusque 12 mois (le paiement de leur abonnement restant à leur charge pendant cette période). Il n’est possible de contester ces accusations qu’une fois la sanction prononcée. » (La Quadrature du Net)

Hadopi 2 vient agraver le premier projet de loi en instaurant le délit de « négligence caractérisée » de l’abonné :

L’article 3 bis du projet de loi prévoit que la peine de suspension de l’accès Internet puisse être prononcée en complément d’une amende de 1500 euros. Cette double sanction viendrait réprimer la « négligence caractérisée » de l’abonné dans la surveillance de son accès Internet, lorsqu’une adresse IP correspondant à ce dernier est repérée sur les réseaux peer-to-peer. (La Quadrature du Net)

Dans ma liste de lecture google, j’ai collecté les articles que j’ai lus, ou que je dois finir de lire et que j’ai eu envie de partager.

La LDH dénonce les menaces d’atteintes aux libertés fondamentales contenues dans le projet de loi « création et Internet ».

Les députés et les sénateurs ont voté pour l’Hadopi malgré les avertissements des internautes, malgré l’abondance d’articles éclairant les failles du projet de loi, malgré la lettre aux sénateurs de la Quadrature, malgré les alertes données par les ONG comme la Ligue des Droits de l’homme et Reporters sans frontières.

Le Conseil d’État a pointé dans le projet de loi HADOPI 2 plusieurs risques d’inconstitutionnalité : atteinte à la séparation des pouvoirs, peines non proportionnées, caractère non irréfragable des présomptions de culpabilité (La Quadrature du Net)

Même les journalistes commencent à s’inquiéter ! Etonnament, ils se rendent enfin compte que la loi « Création et Internet » est sur le point de réformer en profondeur le droit d’auteur appliqué aux journalistes. Il était temps de se réveiller, Mesdames et Messieurs de la profession, qui ne nous avez pas soutenu.  J’entends encore les mots « loi contre le téléchargement illégal » résonner à mes oreilles,  alors que j’entendais « coupure d’internet », « suspicion de culpabilité » et « atteinte à la vie privée ».

Sous la loi du contrôle

Le gouvernement et les proches de l’UMP, sous la houlette du président Sarkozy tiennent absolument à imposer cette loi. Et ce n’est pas pour soutenir et protéger les auteurs et les compositeurs ! D’autres solutions auraient permis de le faire en tenant compte des progrès techniques. Il s’agit de mettre en place le contrôle d’internet. En France, et bientôt en Europe, internet se retrouve sur l’axe du mal. Chacun y va de son accusation à l’emporte-pièce, infondée et qui serait ridicule, si elle ne faisait tâche d’huile dans les médias classiques (qui commencent à se réveiller c’est vrai).

Il y a d’abord cette odieuse histoire de propos racistes tenus par Monsieur Hortefeux, ministre de l’Intérieur après avoir été ministre de l’Immigration et de l’identité nationale. Les propos ont beaux avoir été clairement enregistrés par des journalistes la chaîne de télévision parlementaire Public-sénat, puis transmis sur internet par des journalistes du qutidien Le Monde, c’est le ministre devient qui devient « bouc émissaire et c’est internet qui est coupable de faire du « journalisme poubelle ».

Jusqu’à notre meilleur ennemi Frédéric Lefèvre qui dénonce à l’encontre du ministre un « procès d’intention », un « procès en sorcellerie », des « procès staliniens ».

Affaire Brice Hortefeux : toutes les déclarations anti-Net http://www.pcinpact.com/actu/news/53034-brice-hortefeux-declarations-anti-internet.htm

Puis vient la mésaventure, drôle celle-là, du site internet de la pauvre Ségolène Royal qui devient en une soirée la risée des internautes . J’avoue que j’ai vraiment cru à un fake ! Un design fin de siècle dernier, juste le jour où Hadopi passait à l’Assemblée, non vraiment, ça semblait être fait exprès, une blague de hackers ou des ségolénistes eux-mêmes. Mais le lendemain Ségolène rajoute à l’hilarité générale en vantant le succès de son site qui a reçu plus de 200 000 visites. Quelle naïveté, à ce point ça devient gènant. Que dire de la deuxième re-mouture ? Les bras m’en tombent. Plus de chocolat, j’en deviens la Capitaine Crochet 2.0. Et là encore Ségolène accusera internet, le lobby très très puissant.

Et là, ce soir je tombe sur cet article : « Calomniée sur Wikipedia, la fille adoptive de Jacques Chirac veut réguler le Net ». L’original vient du Parisien et date de septembre, il est ici repris par Numerama. Donc le président Chirac a une fille adoptive et elle aussi se plaint d’internet. Anh Dao Traxel a été calomniée sur wikipedia, elle a porté plainte et maintenant elle souhaite la mise « en place de système de contrôle », « une « autorité de régulation spécifique à l’emploi d’Internet ». Avec son père adoptif qui siège au Conseil Constitutionnel, c’est quasiment fait Madame !

La culture censurée

Donc nous voici, peuple d’internautes qualifiés d' »absolutistes de l’Internet libre » par le ministre de la culture, nous qui combattons la riposte graduée avec des « controverses déraisonnables ». Son Tonton doit se retourner dans sa tombe !

RT @yledu #hadopi – 9 novembre 1981 : Mitterrand autorise les radios libres – 15 septembre 2009 : Mitterrand enterre l’internet libre. (http://twitter.com/yledu/status/4005537652)

Il s’étonnera de recevoir huées, sifflets et jets de bière à la fête de l’Humanité !

Allons-nous devoir sombrer dans la délinquance ?

@ suivre avec « Les mutins sont partout » bientôt …

Quatrième jour au port

Article 0 : Le droit à un accès Internet est un droit fondamental détenu par tous les citoyens. Ce droit est compris par la Déclaration Universelle des droits de l’Homme et reconnu par le Parlement européen comme le droit universel à l’Education et à la Culture. Aucune autorité, privée ou publique, ne saurait en priver le citoyen qui en a l’usage ou qui souhaiterait en avoir l’usage. (Parti Pirate, projet de Déclaration des Droits de l’Internaute)

Vie de pirate

« Savoir, penser, rêver. Tout est là. » (Victor Hugo)

J’écris cette fois en revenant du café, d’où j’ai quitté ma connexion légèrement grisée par la Philomenn, une petite rousse du Trégor qui m’attendait au comptoir. La nuit tous les geeks sont gris. Pas de canicule pourtant ce jour, le ciel était venteux, la brise fraîche à faire plier les tangons. Mais le vent assèche les matelots vissés au port. Le miroir de Jeanne est ébréché, la piratesse un peu éméchée se regarde face à face. Qu’ont donc ces geeks qui traînent le soir sur les vagues d’internet pour attirer ainsi la rebelle mensongère ? Un message, un lien subtil glissé en retweet et la toile s’illumine d’étincelles d’esprits connexes. Il est temps pour elle de regagner le large. La vie à terre alourdit ses ailes. Le quatrième jour au port lui a fait découvrir le sens de la toile, qui n’en a pas : des fils de traîne et de navette en grand désordre, et ni tisseuse ni arachnide n’y retrouverait ses petits. Car ce sont les noeuds qui importent. Qui importent et partagent. Les connecteurs chers à Thierry Crouzet. L’image de neurones revient à l’esprit. Ou celles de constructions fractales. L’humain se pense en construction humaine, se construit à l’image de ce qu’il sait du vivant. Il fera jour demain. La Philomenn sera évaporée et Jeanne reprendra son récit.

Matin :

Aller à la « pêche aux godillots »

Anticonstitutionnellement. Quand Jeanne était petite, elle avait appris que ce mot difficile à prononcer était le plus long de la langue française. Elle n’en comprenait pas le sens. Comment des personnes sensées écrire des lois pouvaient-elles ne pas suivre la Constitution ? Quand on est môme, ceux qui ne suivent pas les règles, on appelle ça des tricheurs. Et quand ceux qui établissent les règles ne les respectent pas, ce sont des mauvais joueurs. Quant à ceux qui ne respectent pas les lois mauvaises, ce sont des pirates.

« Ceux qui ne veulent pas comprendre sont en fait en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Ils doivent comprendre que la technologie est en train de bouleverser leur monde, et que ce n’est pas une stratégie d’arrière-garde qui va les protéger. » (Jacque Attali, « On a une guerre de retard »)

Le projet de loi Hadopi 2 est funeste pour la démocratie et dépasse le seul intérêt des internautes. Il reste anticonstitutionnel comme le premier. Il menace les libertés individuelles, il maintient la présomption de culpabilité, il méprise les droits de la défense. La proportionnalité des peines est mise à mal. La liberté d’expression est en danger.

L’amende pour suspicion de téléchargement par défaut de sécurisation est aberrant. Comment un gouvernement d’un pays démocratique peut-il défendre la pose d’un mouchard sur chaque ordinateur connecté ? Citoyen ordinaire, entreprise, journaliste, avocat, médecin, curé ? Avec le projet de loi LOPPSI qui suit, c’est la porte ouverte au contrôle général de tous les échanges numériques.

« Nous sommes inquiets par ce projet de loi. Nous redoutons une utilisation excessive de ce système d’espionnage par la police, qui pourrait mettre en danger la protection des sources journalistiques. Le cadre de mise en œuvre de la captation des données informatiques doit être plus clairement défini. Nous demandons aux parlementaires de présenter des amendements pour mieux encadrer ce projet. » (Reporters Sans Frontières face au projet de loi LOPPSI du gouvernement français)

Tiens, il est encore temps d’aller à la pêche aux godillots ! C’est le grand jeu de l’été proposé par la Quadrature du net, qui se poursuit jusqu’au 14 septembre, jour du vote solennel à l’Assemblée Nationale de la loi Hadopi 2.

Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir. (La Boétie, Extrait du Discours de la servitude volontaire, merci Hajen)

Troisième jour au port (ecrit le lendemain, comme les autres notes de blog)

Partout où j’allais, on me servait une version ou une autre des deux mêmes questions : « D’où tenez-vous ce nom bizarre ? » et « Vous avez l’air d’un gars plutôt gentil. Pourquoi vous voulez vous embarquer dans un truc sale et méchant comme la politique ? » (Barack Obama)

Peu de monde naviguait hier soir sur twitter, facebook et friendfeed. Pétole à cause de la canicule ? Après être allée se restaurer de moules-frites et d’une bolée sur la place des Halles au son (vacarme) du bagad local, Jeanne retrouve son siège devant l’ordi du cyber-café. Au bord de la mer, il y a suffisament d’air pour que le soleil soit resté supportable toute la journée. La soirée est douce, les gens sont dehors, le café ferme tôt, hélas. La petite clé USB de 2GO achetée hier en promo assure la navette des articles sur l’ordi fixe, non relié à internet.

Le Parti Pirate, c’est de la politique !

« Le Parti Pirate défend trois causes fondamentales : la modification du droit d’auteur, l’abolition des brevets et la défense du respect du droit à la vie privée. » (Parti Pirate)

Un profond changement s’est opéré dans nos civilisations grâce à la nouvelle facilité d’échange d’informations. Les internautes ont suivi, différemment de toute autre élection, celle d’Obama. Ils ont vécu les attentats de Bombay quasiment en direct. Ils ont vu avant les médias classiques un avion se poser sur l’Hudson. Ils ont contribué à faire d’une victime de la répression iranienne, l’icone Neda.

Internet offre des outils qui relient les personnes, les gens, en dehors des systèmes, par-delà les gouvernements, les médias et les frontières.

« Je suis restée à côté d’un enfant pour le voir appréhender un nouveau jeu en réseau auquel il souhaitait ardemment jouer avec ses copains de sixième du collège. C’est spontanément que le jeune utilise le jeu en réseau, ils sont nés avec les jeux et internet, c’est pour eux une évidence autant que l’électricité l’était pour nous. […] Il faut Créer le futur. C’est moins simple certes, que de diaboliser les nouvelles technologies. » (Sophie Dupont, Vous avez dit Networking? La Génération NETPLAY to WIN est déjà là !)

En réaction aux tentatives de contrôle d’Internet opérées par les états, totalitaires ou démocratiques, soutenus par les industries dont les bénéfices viennent surtout des brevets et des droits d’auteurs, émergent des mouvements politisés de défense des internautes.

Jeanne découvre que le PP, Parti Pirate (http://www.partipirate.org), a déjà trois années d’existence en France. C’est pour le moment une association, mais qui vise à devenir un réel parti politique, avec des élus.

Le PP est affilié au Parti Pirate International ( PP-I http://www.pp-international.net/) qui fédère des associations politiques de plus de trente pays. Le PP-I est actuellement coordonné par Andrew Norton, du Parti Pirate des États-Unis. Une ou deux fois par ans, l’un des PP nationaux se dévoue pour organiser une rencontre internationale IRL.

Il a été dit, ou écrit, qu’il existait trois partis Pirates en France. D’après le PP, le PP-CH, parti pirate canal historique (http://parti-pirate.fr/) et le PP sont en pourparlers pour se regrouper. Quant au PPF, Parti Pirate Français, il s’agirait d’une création pirate d’ un étudiant de Science-po, Rémy Cérésiani, essentiellement visible sur un groupe facebook, mais quasiment inexistante par ailleurs. Voila pour la cuisine locale. Quelle odeur de friture !

Mais un travail important d’élaboration d’une « Déclaration des Droits de l’Internaute » est en cours sur le forum du site partipirate.org (http://www.partipirate.org). Elle compte actuellement neuf articles qui définissent les droits fondamentaux des internautes-citoyens.

« Maintenant, le parti peut réellement commencer. Il est temps pour nous de dire au reste du monde que nous existons, que nous recrutons des membres, que nous levons des fonds et que nous fourbissons déjà nos armes pour les prochaines élections législatives. » (Andrew Robinson, Parti pirate britannique, août 2009)

« Le Parti Pirate (Piratpartiet ), qui a fait son entrée au Parlement Européen avec 7,1 % de voix en Suède, a choisi de s’allier au groupe des Verts pour peser sur les débats pendant la législature. » (Guillaume Champeau, numerama)

« En Allemagne, c’est le Bundestag, le parlement, qui accueille désormais un nouveau député “pirate”. Si c’est une entrée avant tout symbolique, elle rappelle à la classe politique que les citoyens et en particulier les internautes, n’hésitent plus à se saisir directement de certaines questions. » (Julien L., numerama)

Piraterie, partage de savoirs et liberté d’expression

Au cours de ses lectures, Jeanne découvre qu’un pirate peut se faire canoniser après sa mort par l’église catholique. Bravo Colomban ! Le moine copiste du VIème siècle était l’ancêtre du P2Piste.

« Les livres sont différents des autres biens et la loi devrait reconnaître ce fait. Les lettrés comme nous, à qui une nouvelle somme de connaissances a été transmise grâce aux livres ont l’obligation de partager ces connaissances à leur tour, en recopiant et en distribuant les livres aussi loin que possible. Je n’ai pas dégradé le livre de Finnian en le recopiant. Il possède toujours l’original et cet original n’est pas à moi. Il n’a pas plus perdu de sa valeur du fait que je l’ai retranscrit. Le savoir qui est contenu dans les livres devrait être disponible pour tous ceux qui veulent les lire et qui sont capables de le faire ; et il est injuste de dissimuler cette connaissance ou d’essayer de cacher les choses divines que les livres contiennent. Il est injuste de m’empêcher, moi ou quiconque, de les copier ou de les lire ou d’en faire des copies abondantes pour les disperser dans tout le pays. Pour finir, je soutiens qu’il devrait m’être accordé de pouvoir copier ce livre, car si j’ai beaucoup appris du travail difficile qu’impliquait sa transcription, je n’ai tiré aucun profit vénal de cet acte ; je n’ai agi que pour le bien de la société dans son ensemble et ni Finnian, ni son livre n’eurent à en souffrir. » (Saint Colomban, moine copiste irlandais du VIème siècle)

Quels rapports entre un SDF, un hippy et un geek ? Le Hobo américain est le premier hacker, d’après Yann Leroux.

« Les hoboes ont profondément marqué l’histoire politique des USA. Ils participent également à l’histoire du réseau internet. D’abord parce qu’ils ont été les premier à utiliser en masse un réseau de communication. Ensuite, parce qu’ils sont organisés par les même éléments que ceux qui organisent le réseau Internet : la masse, l’anonymat, la liberté de parole, la liberté de circulation. Enfin, ils ont constitué une contre-culture avec ses chansons – Hallelujah i am a bum – ses rites, son écriture, ses manières qui a fécondé jusqu’au mouvement mouvement hippie. » (Yann Leroux, Les hoboes premiers hackers)

Il existe des chansons de pirates ? C’est-à-dire dire des chansons ou un hymne de geeks, nerds ou assimilés ? Jeanne s’est inscrite sur last.fm et passe la soirée à naviguer avec la play-list de son tout nouvel ami Fandart en toile de fond. Le choix est cool.

Pseudo, image, avatar, profil et identité

« L’avatar surtout un espace de dépôt.  Il est le support de cette série de mécanismes qui consistent en une périphérisation d’une partie de soi. » (Yann Leroux)

Fandart, alias Ulrich, Hajen et ufromy évoque à Jeanne la question du pseudo, de l’avatar et de l’identité sur Internet.

Jeanne ArGall est donc un espace de dépôt. Sympa. Merci Yann !

C’est peut-être la raison pour laquelle elle est ici évoquée à la troisième personne. Il y a bien cependant derrière cet avatar une ou plusieurs personnes réelles, vivant dans un monde de cellulles biologiques. Le choix d’un prénom et d’un nom facilite la reconnaissance. Les mêmes prénom et nom seront utilisés autant que possible sur tous les supports et plateformes d’internet sur lesquelles la ou les personnes rélles conduisant cet avatar vondrait/vondront s’exprimer.

Nota : les extraits et citations viennent pour la plupart d’articles collectés sur Google reader (lien ci-dessous). Peut-être faudra-t-il aussi référencer ces articles sur un site tel que Del.icio.us ou Diigo, afin de les retrouver plus facilement par mots-clés ?

e-mail : jeanneargall@gmail.com

Twitter : JeanneArgall

Facebook : Jeanne ArGall

Friendfeed : JeanneArGall

Tumblr  : http://jeanneargall.tumblr.com/

Google reader : http://www.google.fr/reader/shared/jeanneargall

Scribd (pas très utilisé pour le moment) : http://www.scribd.com/JeanneArGall

Last.fm : http://www.lastfm.fr/user/JeanneArGall

et depuis peu un magnifique blog propulsé sur wordpress grâce à la soucoupe volante 🙂 http://jeanneargall.owni.fr/

Deuxième jour au port

« L’effroyable complexité d’internet, protéiforme, réagit à des myriades de stimuli et semble  s’apparenter à un organisme vivant hétéroclite. » (Didier Heiderich, Observatoire International des Crises, Influence sur Internet)


« Faudra-t-il attendre qu’il y ait des dégâts irréparables pour que le monde se décide à réguler Internet ? » (Frédéric Lefebvre, député UMP)

« Non, nous ne défendons pas un intérêt particulier, lorsque nous parlons de l’accès égal et gratuit pour tous à la culture, à la connaissance et à l’information ; lorsque nous souhaitons défendre le droit à la vie privée de chaque citoyen, ou encore lorsque nous souhaitons abolir les brevets sur le vivant, et, plus généralement, remettre à plat le code de la propriété intellectuellle. Ce sont les intérêts communs que nous entendons défendre. » (Guillaume Sancey, Parti pirate)

Jeanne réalise la folie de l’ampleur son projet. Elle va devoir se renseigner. Qu’existe-il déjà vraiment ? Elle ne sait qu’une chose : un pirate vient d’être élu légalement au Parlement Européen il y a quelques mois. Elle a vu hier soir que le site des pirates français est bien alimenté. Devra-t-elle tout lire avant d’agir ? Elle commencera par poser des questions dès qu’elle ne comprendra pas. Pas la peine de faire semblant.
Il lui faut trouver dès aujourd’hui une clé USB pour transporter quelques documents entre le cyber-café et l’ordi de la petite maison de Pen ar Koul.

Premiers contacts

L’ambiance sur twitter est sympathique, tout de suite sa présence est remarquée. La première note de blog sur tumblr est lue et retweetée. C’est bon signe.

Sur facebook, c’est plus dificile. Elle n’a pas encore pris suffisament de temps pour rechercher des contacts. Les premiers seront des membres des groupes pirates. L’un d’eux la contacte par messages directs sur sa page, Alexandre Dacher. C’est le responsable des jeunes pirates français. Il lui apprend qu’un des groupes pirates auxquels elle s’est inscrite est créé par un imposteur. Cocasse ! (Lire : ParitPirateFrançais : le pirate des PPF http://partipirate.org/forum/viewtopic.php?id=1533)

Jeanne ouvre dans la foulée, un compte sur Friendfeed et une liste de lecture google reader. Il doit bien exister des moyens pour lier tout ça, permettre de faire transiter un message de Twitter sur Facebook, Friendfeed et collecter l’ensemble sur Tumblr. La multitude d’outils à bord, ne doit pas rendre la navigation hasardeuse. Utiliser le minimum avec le maximum d’efficacité.

« D’un point de vue darwiniste, le cyber-espace se suffit à lui-même, ne  possède ni centre, ni  décideur, ce qui peut d’autant plus effrayer les pouvoirs dominants qui ne peuvent que constater  les évolutions du net. » (Didier Heiderich)

Premières recherches

Jeanne commence à compiler quelques articles récents sur les techniques actuelles en pratique sur internet,  sur la gestion des communautés virtuelles, et sur le Parti Pirate, évidemment. La toute neuve clé USB (celle dont le capuchon ressemble à un carré de chocolat, qu’elle a failli croquer deux fois) sera bien utile.

Elle choisit, comme à son habitude, d’humer d’abord l’air ambiant avant de partir à la pêche. Elle navigue au hasard, en surfant de lien en lien, de profil à avatar, selon son feeling. Hugobiwan, un avatar de twitter, lui a gentiment conseillé d’utiliser le moteur de recherche twitter.search avec des mots-clés pour trouver des followers. Merci Hugobiwan ! Elle se doute qu’il s’agit d’un message automatique de bienvenue.

Une image « vraie »

Changer l’image de l’avatar. Lui donner plus de réalité, un zeste de sensibilité orné d’un soupçon de provocation. Jeanne se fait tatouer le drapeau pirate sur le sein gauche.

« Le propre des vérités est d’échapper, à peine énoncées, à ceux qui les formulent. » (Julien Coupat)

Quatre jours au port – Premier jour

Pour la liberté sur internet. Et que ceux qui sont contre soient pendus à la plus grande vergue !

Premier jour au port

Jeanne débarque dans un petit port de Bretagne.

« La hauteur nous attire, mais non les degrés qui y mènent ; les yeux fixés sur la lune, nous cheminons volontiers dans la plaine. » (Goethe).

Créer un profil sur internet : Twitter et Facebook

e-mail : jeanneargall@gmail.com
Twitter : JeanneArgall
Facebook : Jeanne ArGall

Jeanne existe parce qu’elle a un nom et un prénom. Elle a un projet. Un projet précis, fou et démesuré. Il lui faut se créer un caractère.
Elle trouve un cyber-café dans le bourg de Beau-Port. Elle s’installe à une machine et s’escrime pendant deux heures à lancer quelques bouées sur son tout nouveau profil Twitter. Trouver quelques personnes d’intérêt à suivre, parler un peu, retweeter des infos sympas, pour être suivie en retour. Remercier les suiveurs.
Elle ouvre aussi un compte sur Facebook, mais remet à demain le lancement officiel de celui-ci. Elle prévoit de lier entre eux quelques comptes qu’elle va ouvrir sur les sites de microblogging tels que Plurk, Friendfeed, etc. Devra-t-elle se créer un blog ? Sur Tumblr peut-être. Afin de préparer ses textes pour le wiki du site du Parti Pirate français.

Créer une image « vraie » en real life ?

Dans l’immédiat, Jeanne a choisi pour avatar, le logo officiel des Pirates, le drapeau noir, facile à trouver sur internet. Le projet devant se réaliser en real life, elle se dit qu’il faudra aussi construire une image « vraie » pour son avatar. Ce sera sans doute plus difficile.
Elle prévoit de s’acheter un i-phone et un petit disque dur portable, afin de gagner un peu d’autonomie. Va falloir trouver des sponsors !
« Il n’y a qu’un seul monde et il est faux, cruel, contradictoire, séduisant et dépourvu de sens. Un monde ainsi constitué est le monde réel. » (Nietzsche).