Troisième jour au port (ecrit le lendemain, comme les autres notes de blog)

Partout où j’allais, on me servait une version ou une autre des deux mêmes questions : « D’où tenez-vous ce nom bizarre ? » et « Vous avez l’air d’un gars plutôt gentil. Pourquoi vous voulez vous embarquer dans un truc sale et méchant comme la politique ? » (Barack Obama)

Peu de monde naviguait hier soir sur twitter, facebook et friendfeed. Pétole à cause de la canicule ? Après être allée se restaurer de moules-frites et d’une bolée sur la place des Halles au son (vacarme) du bagad local, Jeanne retrouve son siège devant l’ordi du cyber-café. Au bord de la mer, il y a suffisament d’air pour que le soleil soit resté supportable toute la journée. La soirée est douce, les gens sont dehors, le café ferme tôt, hélas. La petite clé USB de 2GO achetée hier en promo assure la navette des articles sur l’ordi fixe, non relié à internet.

Le Parti Pirate, c’est de la politique !

« Le Parti Pirate défend trois causes fondamentales : la modification du droit d’auteur, l’abolition des brevets et la défense du respect du droit à la vie privée. » (Parti Pirate)

Un profond changement s’est opéré dans nos civilisations grâce à la nouvelle facilité d’échange d’informations. Les internautes ont suivi, différemment de toute autre élection, celle d’Obama. Ils ont vécu les attentats de Bombay quasiment en direct. Ils ont vu avant les médias classiques un avion se poser sur l’Hudson. Ils ont contribué à faire d’une victime de la répression iranienne, l’icone Neda.

Internet offre des outils qui relient les personnes, les gens, en dehors des systèmes, par-delà les gouvernements, les médias et les frontières.

« Je suis restée à côté d’un enfant pour le voir appréhender un nouveau jeu en réseau auquel il souhaitait ardemment jouer avec ses copains de sixième du collège. C’est spontanément que le jeune utilise le jeu en réseau, ils sont nés avec les jeux et internet, c’est pour eux une évidence autant que l’électricité l’était pour nous. […] Il faut Créer le futur. C’est moins simple certes, que de diaboliser les nouvelles technologies. » (Sophie Dupont, Vous avez dit Networking? La Génération NETPLAY to WIN est déjà là !)

En réaction aux tentatives de contrôle d’Internet opérées par les états, totalitaires ou démocratiques, soutenus par les industries dont les bénéfices viennent surtout des brevets et des droits d’auteurs, émergent des mouvements politisés de défense des internautes.

Jeanne découvre que le PP, Parti Pirate (http://www.partipirate.org), a déjà trois années d’existence en France. C’est pour le moment une association, mais qui vise à devenir un réel parti politique, avec des élus.

Le PP est affilié au Parti Pirate International ( PP-I http://www.pp-international.net/) qui fédère des associations politiques de plus de trente pays. Le PP-I est actuellement coordonné par Andrew Norton, du Parti Pirate des États-Unis. Une ou deux fois par ans, l’un des PP nationaux se dévoue pour organiser une rencontre internationale IRL.

Il a été dit, ou écrit, qu’il existait trois partis Pirates en France. D’après le PP, le PP-CH, parti pirate canal historique (http://parti-pirate.fr/) et le PP sont en pourparlers pour se regrouper. Quant au PPF, Parti Pirate Français, il s’agirait d’une création pirate d’ un étudiant de Science-po, Rémy Cérésiani, essentiellement visible sur un groupe facebook, mais quasiment inexistante par ailleurs. Voila pour la cuisine locale. Quelle odeur de friture !

Mais un travail important d’élaboration d’une « Déclaration des Droits de l’Internaute » est en cours sur le forum du site partipirate.org (http://www.partipirate.org). Elle compte actuellement neuf articles qui définissent les droits fondamentaux des internautes-citoyens.

« Maintenant, le parti peut réellement commencer. Il est temps pour nous de dire au reste du monde que nous existons, que nous recrutons des membres, que nous levons des fonds et que nous fourbissons déjà nos armes pour les prochaines élections législatives. » (Andrew Robinson, Parti pirate britannique, août 2009)

« Le Parti Pirate (Piratpartiet ), qui a fait son entrée au Parlement Européen avec 7,1 % de voix en Suède, a choisi de s’allier au groupe des Verts pour peser sur les débats pendant la législature. » (Guillaume Champeau, numerama)

« En Allemagne, c’est le Bundestag, le parlement, qui accueille désormais un nouveau député “pirate”. Si c’est une entrée avant tout symbolique, elle rappelle à la classe politique que les citoyens et en particulier les internautes, n’hésitent plus à se saisir directement de certaines questions. » (Julien L., numerama)

Piraterie, partage de savoirs et liberté d’expression

Au cours de ses lectures, Jeanne découvre qu’un pirate peut se faire canoniser après sa mort par l’église catholique. Bravo Colomban ! Le moine copiste du VIème siècle était l’ancêtre du P2Piste.

« Les livres sont différents des autres biens et la loi devrait reconnaître ce fait. Les lettrés comme nous, à qui une nouvelle somme de connaissances a été transmise grâce aux livres ont l’obligation de partager ces connaissances à leur tour, en recopiant et en distribuant les livres aussi loin que possible. Je n’ai pas dégradé le livre de Finnian en le recopiant. Il possède toujours l’original et cet original n’est pas à moi. Il n’a pas plus perdu de sa valeur du fait que je l’ai retranscrit. Le savoir qui est contenu dans les livres devrait être disponible pour tous ceux qui veulent les lire et qui sont capables de le faire ; et il est injuste de dissimuler cette connaissance ou d’essayer de cacher les choses divines que les livres contiennent. Il est injuste de m’empêcher, moi ou quiconque, de les copier ou de les lire ou d’en faire des copies abondantes pour les disperser dans tout le pays. Pour finir, je soutiens qu’il devrait m’être accordé de pouvoir copier ce livre, car si j’ai beaucoup appris du travail difficile qu’impliquait sa transcription, je n’ai tiré aucun profit vénal de cet acte ; je n’ai agi que pour le bien de la société dans son ensemble et ni Finnian, ni son livre n’eurent à en souffrir. » (Saint Colomban, moine copiste irlandais du VIème siècle)

Quels rapports entre un SDF, un hippy et un geek ? Le Hobo américain est le premier hacker, d’après Yann Leroux.

« Les hoboes ont profondément marqué l’histoire politique des USA. Ils participent également à l’histoire du réseau internet. D’abord parce qu’ils ont été les premier à utiliser en masse un réseau de communication. Ensuite, parce qu’ils sont organisés par les même éléments que ceux qui organisent le réseau Internet : la masse, l’anonymat, la liberté de parole, la liberté de circulation. Enfin, ils ont constitué une contre-culture avec ses chansons – Hallelujah i am a bum – ses rites, son écriture, ses manières qui a fécondé jusqu’au mouvement mouvement hippie. » (Yann Leroux, Les hoboes premiers hackers)

Il existe des chansons de pirates ? C’est-à-dire dire des chansons ou un hymne de geeks, nerds ou assimilés ? Jeanne s’est inscrite sur last.fm et passe la soirée à naviguer avec la play-list de son tout nouvel ami Fandart en toile de fond. Le choix est cool.

Pseudo, image, avatar, profil et identité

« L’avatar surtout un espace de dépôt.  Il est le support de cette série de mécanismes qui consistent en une périphérisation d’une partie de soi. » (Yann Leroux)

Fandart, alias Ulrich, Hajen et ufromy évoque à Jeanne la question du pseudo, de l’avatar et de l’identité sur Internet.

Jeanne ArGall est donc un espace de dépôt. Sympa. Merci Yann !

C’est peut-être la raison pour laquelle elle est ici évoquée à la troisième personne. Il y a bien cependant derrière cet avatar une ou plusieurs personnes réelles, vivant dans un monde de cellulles biologiques. Le choix d’un prénom et d’un nom facilite la reconnaissance. Les mêmes prénom et nom seront utilisés autant que possible sur tous les supports et plateformes d’internet sur lesquelles la ou les personnes rélles conduisant cet avatar vondrait/vondront s’exprimer.

Nota : les extraits et citations viennent pour la plupart d’articles collectés sur Google reader (lien ci-dessous). Peut-être faudra-t-il aussi référencer ces articles sur un site tel que Del.icio.us ou Diigo, afin de les retrouver plus facilement par mots-clés ?

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